La maladie d’Alzheimer : parlons-en !

En ce jeudi 21 septembre 2017, journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer, je saisis l’occasion pour vous parler de ce sujet qui me touche beaucoup. Loin des préjugés, cet article va vous permettre de mieux comprendre la maladie, ses conséquences et les enjeux humains qu’elle soulève.

Les chiffres

Tout d’abord et afin de dresser un tableau de la situation actuelle en France, voici les chiffres recueillis par l’association France Alzheimer :

Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

Elle est une maladie neuro dégénérative qui entraîne des lésions cérébrales (dégénérescences neuro fibrillaires et plaques séniles) dont résultent des troubles progressifs de la mémoire, des difficultés d’orientation dans le temps et dans l’espace, de reconnaissance des objet et des personnes, du langage et du raisonnement. 

Elle apparaît généralement chez les personnes âgées mais peut aussi concerner des personnes plus jeunes. Aucun traitement curatif n’existe pour soigner les personnes atteintes de cette maladie. Il existe, cependant, des traitements médicamenteux qui permettent de ralentir l’évolution des troubles.

Pour en savoir plus sur cette maladie,  je vous invite à consulter les sites suivants :

France Alzheimer

Doctissimo

Le rôle des approches non médicamenteuses
La maladie d’Alzheimer impacte fortement l’autonomie et la vie du patient mais aussi celle de son entourage. 

De nombreuses approches non médicamenteuses visant à préserver le plus longtemps possibles les capacités restantes et à améliorer la qualité de vie des malades peuvent être proposées : soutien psychologique, ergothérapie, orthophonie, médecine douce, qi gong, méditation, art thérapie, etc.

La sophrologie s’inscrit pleinement dans le cadre des approches non médicamenteuses qui peuvent être proposés aux patients. 

Pour rappel, la sophrologie est une méthode scientifique développée par Alfonso Caycedo, neuropsychiatre, qui vise à harmoniser le corps et l’esprit. Elle permet à l’individu de valoriser ses propres ressources et capacités. Pour cela,  elle s’appuie sur des exercices corporels et respiratoires (apprendre à mieux respirer, mobiliser son corps, libérer les tensions) ainsi que des techniques de visualisations positives (prendre conscience de ses ressources et potentiels).

Dans le cadre de l’accompagnement des personnes atteintes d’Alzheimer, elle a pour effet :

  • l’amélioration de la qualité de vie (sommeil, appétit, gestion du stress et de l’anxiété, maîtrise des émotions, prévention de la dépression)
  • la stimulation et la préservation des capacités motrices, cognitives et sensorielles (prise de conscience du corps, concentration, attention, langage)
  • la lutte contre la solitude et l’isolement.

Les aidants familiaux et les soignants

La maladie d’Alzheimer nécessite un accompagnement et des soins rapprochés. Souvent, c’est un membre de la famille qui va endosser le rôle d’aidant : les conjoints, les enfants, les frères et soeurs… En 2016, on comptait 2 millions d’aidants.

Ce rôle entraîne une surcharge de travail, une souffrance et un stress qu’il ne faut pas négliger. 

C’est pourquoi, il est important d’agir pour aider les aidants. En tant que sophrologue, j’ai choisi d’accompagner bénévolement les aidants familiaux et d’intervenir au sein des différentes associations spécialisées. 

La séance de sophrologie est l’occasion pour l’aidant de prendre (enfin) du temps pour lui, respirer pleinement, se recentrer, se ressourcer et s’autoriser à vivre pour lui-même.

Enfin, les soignants doivent faire face à leurs propres difficultés : manque de temps, agressivité des patients, épuisement, stress… La sophrologie peut leur apporter un soutien, la possibilité de se connecter à leurs ressources et apprendre à gérer les situations difficiles. 

Il me semble fondamentale d’offrir la possibilité aux aidants ou aux soignants de prendre soin d’eux, de s’accorder du temps pour respirer, de leur permettre tout simplement de ne pas s’oublier.

La bienveillance et l’empathie au coeur de l’accompagnement

J’aimerai terminer cet article en soulignant l’importance de la bienveillance dans l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. De nombreux témoignages très poignants démontrent que l’agressivité, le fait de ne pas expliquer aux patients les soins qui leur sont prodigués, l’usage excessif des contentions etc. ont des effets désastreux sur le malade.

Mettez-nous quelques instants à la place de ces personnes désorientées, inquiètes parfois même apeurées. Un toucher, un regard, un sourire bienveillants peuvent tout changer pour eux. 

A ce propos, je vous recommande vivement l’excellent livre de Colette Roumanoff « le bonheur plus fort que l’oubli ». 

Mettons-nous aussi à la place de l’aidant pour qui le quotidien est totalement bouleversé, qui est parfois totalement démuni et seul face à cette maladie ou qui doit faire le deuil de la personne qu’il aimait et qu’il ne reconnaît plus.

Mettons-nous à la place du personnel soignant bien souvent surchagé de travail, manquant de temps et de moyens humains pour réaliser son travail dans de bonnes conditions. 

La maladie d’Alzheimer ne laisse personne indifférent. Mais surtout, elle nous fait prendre conscience de la nécessité de fonder nos sociétés sur des valeurs d’entraide, de partage, de solidarité et de respect de la dignité humaine.

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