Mon accouchement, le plus beau jour de ma vie

 « Le jour de mon accouchement était vraiment le plus beau jour de ma vie ! ». Enceinte, j’étais convaincue que c’était encore un gentil mensonge destiné à me rassurer. Je n’arrivais pas à comprendre comment une journée placée sous le signe de la douleur pouvait être belle. J’étais à milles lieux d’imaginer que moi aussi je ressentirai cela…

Ras-le-bol d’être enceinte

Comme vous avez pu le lire dans mon précédent article, je n’ai pas aimé être enceinte. Déprimée, j’étais loin du cliché de la femme enceinte épanouie.

Grâce à la sophrologie, j’ai pu accéder au lâcher-prise et créer un lien d’attachement très fort avec mon bébé. C’est ce qui m’a aidée à garder le cap pendant la grossesse. 

nathalie-le-bretonJe m’étais lancée dans la grossesse sans aucune idée de ce qui m’attendait. Pour l’accouchement, il était hors de question de faire pareil. Je me suis préparée, archi préparée. J’ai lu tous les livres sur le sujet, j’ai préparé mon corps grâce au yoga, j’ai préparé mon mental grâce à la sophrologie et j’ai regardé toutes les discussions des Maternelles, avec l’excellente Nathalie Le Breton. Aussi et surtout, j’ai suivi une préparation avec une sage-femme. 

Dès mon 8e mois de grossesse, j’étais prête. La douleur de l’accouchement ne me faisait plus peur et j’avais confiance en mon corps de femme. Je n’avais qu’une hâte, c’était de rencontrer mon fils.

Au début du 9e mois, j’étais dans les starting block et j’écrivais dans mon journal de grossesse :

J’ai participé à une réunion sur la péridurale et j’en suis sortie le sourire aux lèvres avec une pêche d’enfer. Très justement l’anesthésiste nous a dit  : « N’oubliez pas que vous venez à la maternité pour un événement heureux et malgré la douleur essayez de rester positive ». C’est exactement dans cet état d’esprit que j’attends ton arrivée. Peu importe la douleur (je dis ça maintenant c’est facile) car chaque seconde me rapproche de toi. C’est fou, je vais enfin te rencontrer. Je t’ai tellement attendu. Sache que même si la grossesse n’a pas été facile pour moi cela n’a strictement rien à voir avec la joie immense que j’ai de t’avoir conçu avec ton papa. Tu es, j’en suis convaincue, la plus belle chose que nous ferons dans notre vie.

Accoucher avec la sophrologie

Le 16 mars 2016, vers 4 heures du matin, je ne parviens plus à dormir. Je suis réveillée par des contractions supportables qui vont et viennent toutes les 10 minutes. Je m’interroge : est-ce un faux travail ? Vais-je accoucher bientôt ? Je ne panique pas car je sais que je dois partir à la maternité si les contractions interviennent tous les 5 minutes ou si j’ai rompu la poche des eaux.  Je sais aussi que dans ces cas là, il est inutile de se précipiter et de stresser. Tout va bien se passer.

Jusqu’à ce que mon mari rentre du boulot, je me repose, je finis les valises pour la maternité et je me prépare un bon plat de pâtes histoire de prendre des forces. Lorsque les contractions deviennent un peu plus douloureuses, j’utilise les techniques de respiration que je connais par coeur.

Dans la soirée, les contractions sont au mieux rapprochées de 7 minutes. Elles deviennent douloureuses et j’utilise beaucoup mon ballon de gymnastique pour mobiliser mon bassin. Comme je l’ai vu avec ma sage-femme, je bouge et je cherche les positions qui me soulagent. 

Avec mon mari, nous décidons de partir à la maternité vers 22H00. J’ai quelques contractions sur le chemin mais je gère. Je suis très calme. La respiration est ma meilleure alliée. Je crois faire un faux-travail et mon mari est, lui, convaincu que l’accouchement a commencé. Arrivés sur place, il annonce fièrement à l’accueil « Ma femme est en train d’accoucher ».

Une sage-femme m’examine : « Vous avez bien travaillé Madame, votre col est dilaté à 4 cm ». Lorsque je comprends que le jour J est enfin arrivée, je suis submergée de joie. 

Ça y’est, je vais enfin te rencontrer mon bébé ! Pas plus tard qu’hier je faisais une séance de sophrologie où je visualisais ce fameux jour de ta naissance. J’étais émue aux larmes. Et là, enfin, ce jour est arrivé. Je ne peux pas être plus heureuse et une part de moi ne veut pas y croire. C’est trop beau !

peridural anesthesia by child birthNous sommes rapidement conduits en salle de travail. Je suis branchée de partout : monitoring, tensiomètre, oxymètre, perfusion. Bref, c’est très compliqué de pouvoir bouger librement. Une contraction arrive et j’essaie tant bien que mal de me pencher en avant. Les appareils se mettent à sonner et la sage-femme arrive en courant pour les rebrancher et me demande de ne pas trop bouger. Elle me propose la péridurale que j’accepte car je ne pense pas pouvoir supporter les contractions avec une mobilité si réduite.

L’anesthésiste arrive, la tension monte. 

L’étudiante sage-femme est positionnée devant moi et je me concentre sur sa voix. Je pratique la respiration calmante et je parviens à me relâcher. La péridurale est posée très vite. Pour cette étape la sophrologie m’est très utile et me permet de garder mon sang froid. Je vis chaque étape à la fois, chaque instant à la fois.

Ses effets me surprennent : mes jambes sont très lourdes et ça me démange partout. La sage femme me rassure, l’anesthésie va s’estomper progressivement. En tout cas, c’est efficace, je ne sens plus les contractions ! J’en profite pour dormir un peu.

Je vis intensément le moment présent. Je n’anticipe pas la suite, je me laisse guidée par le personnel en totale confiance. J’ai la chance de profiter d’une maternité calme et sans cris.

La sage-femme vient rompre la poche des eaux et peu de temps après mon col est ouvert à 8 cm. Le moment tant attendu est imminent !

La rencontre

La phase dite d’expulsion ne va pas du tout se passer comme je l’avais imaginée…

de-gasquet-accouchementD’abord, le personnel médical me laisse une grande liberté. Je peux choisir la position dans laquelle je souhaite accoucher et aussi la technique respiratoire. Je choisis la position sur le côté qui, selon le Docteur Bernadette De Gasquet, permet de préserver le périnée. Je choisis également l’expulsion sur l’expir que j’ai apprise grâce à la sophrologie. 

Ensuite, les contractions restent assez espacées. Nous avons le temps de discuter tranquillement entre chacune d’elles.  L’équipe médicale me laisse gérer seule le moment de la poussée. Je suis décontenancée. Mes poussées ne sont pas efficaces et je décide de tenter la position classique. La sage-femme perçoit que je ne pousse pas vraiment et me demande : « Alors Madame, vous n’avez pas envie d’accoucher ? ». Piquée au vif, je lui réponds que je ne veux que ça mais que j’ai peur de tout déchirer. C’est alors qu’elle me recentre sur l’essentiel : mon bébé. Je me concentre sur sa présence et je lui dit mentalement que je suis prête. Et, en deux temps trois mouvements, mon fils est dans mes bras… 

C’est un moment incroyable où l’équipe médicale m’invite à tendre les bras pour t’attraper. Moi qui redoutais de te faire tomber je suis surprise du naturel avec lequel je te prends contre moi. Tu as pleins de cheveux et tu es tout propre. Tu es tellement magnifique. Ton papa est ému aux larmes. Moi je ne pleurs pas car je suis sous le choc. Tu es là ! Enfin ! C’est incroyable. Je suis tellement heureuse. Je n’ai d’yeux que pour toi, j’entends vaguement la sage-femme proposer à ton papa de couper le cordon mais je ne vois rien. Je ne vois que toi. Tu es contre moi et c’est vraiment le plus beau moment de toute ma vie.

Mon accouchement a été un moment magnifique habité par la joie mais aussi par la peur. La peur n’a jamais pris le dessus. J’étais pleinement présente à mon bébé et à moi-même grâce à ma préparation et à la sophrologie. La bonne humeur et la confiance de mon mari m’ont portée. J’ai eu la chance d’être entourée d’une équipe médicale bienveillante et ouverte qui m’a laissée une place active dans mon accouchement (même avec une péridurale c’est possible !). 

Ce petit cri douloureux, ce miaulement frêle d’enfant nouveau-né lui entra dans l’âme, dans le cœur, dans tout son pauvre corps épuisé ; et elle voulut, d’un geste inconscient, tendre les bras. Ce fut en elle comme une traversée de joie, un élan vers un bonheur nouveau, qui venait d’éclore. Elle se trouvait, en une seconde, délivrée, apaisée, heureuse, heureuse comme elle ne l’avait jamais été. Son cœur et sa chair se ranimaient, elle se sentait mère. Une Vie de Maupassant 

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