Je n’ai pas aimé être enceinte

Cet article me tient à coeur car il me permet de faire une rétrospective sur une période importante de ma vie : ma grossesse. Une étape qui m’a profondément transformée et pendant laquelle la sophrologie m’a accompagnée. Mes proches ne seront pas surpris par cette information : je n’ai pas aimé être enceinte. J’ai souhaité partager avec vous mon vécu sans tabou et témoigner de l’efficacité de la sophrologie. Notez bien qu’il s’agit de mon expérience personnelle et que mes ressentis n’engagent que moi.

Les clichés VS la réalité de la grossesse

Parlons un peu des clichés sur la femme enceinte… En image c’est beaucoup plus parlant, voilà comment je voyais la grossesse avant de la vivre :

au secours enceinteOr la réalité était pour le moins différente… J’ai eu droit à presque tout le catalogue de ces fameux « petits » maux de grossesse : fatigue extrême, nausées, vomissements, vertiges, douleurs ligamentaires (pour celles qui connaissent : c’est une vraie torture moyenâgeuse n’est-ce pas ?), besoin constant et permanent de vider ma vessie, faim insatiable, constipation et les hémorroïdes qui vont avec (oui j’ai dit sans tabou), lombalgie, crampes, rétention d’eau, gingivite, insomnies, troubles de l’humeur (c’est un euphémisme !), jambes lourdes, remontées acides, émotivité exacerbée (impossible de regarder un épisode de « The Walking Dead » pendant toute ma grossesse et je pleurais à chaudes larmes devant une publicité pour des couches), perte de mémoire et syndrome du neurone unique.

Autant vous dire qu’on était loin mais alors très loin de ce dont je pouvais m’imaginer. Absolument pas préparée à cette réalité, je ne l’acceptais pas. Je voyais la grossesse comme une longue et pénible gastro. Je me sentais victime d’un complot féminin.

Bref, malgré mon humour, je me sentais très seule face à ce mal être. J’avais besoin de pouvoir l’exprimer librement sans être jugée et surtout d’une aide pour mieux vivre ma grossesse.

La sophrologie pour mieux vivre ma grossesse

Mon esprit

Des pensées incessantes

Surtout en début de grossesse, j’étais envahie par des milliers de pensées plus anxiogènes et incohérentes les unes que les autres. Mon esprit était totalement hors de contrôle.

Je me posais des tonnes de questions sur l’arrivée du bébé et mes capacités à être mère. Je me projetais constamment dans le futur et me mettais une pression incroyable (à mon mari aussi !) pour que tout soit prêt pour accueillir notre enfant.

Lorsque ce n’était pas le futur qui accaparait toutes mes pensées c’était le passé qui, lui, revenait sans cesse. Je revivais sous forme de flash back ou de rêves des moments de mon enfance. Les barrières de mon inconscient avaient « sauté » et des souvenirs que j’avais refoulés me revenaient dans la figure comme un boomerang. C’est ce que les psychologues appellent la transparence psychique.

J’ai tenu un journal de grossesse (j’y reviendrai) dans lequel je confiais :

Je suis constamment assaillie de pensées, de questions existentielles, de réminiscences du passé et de l’enfance. Dans ma tête c’est un petit enfer. Pas moyen de contrôler mon mental. J’essaie tout ce que je peux : la sophrologie, la méditation, les exercices de respiration, le yoga (quand j’ai un peu d’énergie) rien ne fonctionne. J’ai l’impression d’être possédée. Certaines pensées et émotions ne m’appartiennent pas et je ne les comprends pas.

Le lâcher prise

La grossesse a été pour moi l’occasion idéale d’expérimenter le lâcher prise et d’arrêter de vouloir tout contrôler. Le lâcher prise ne se décrète pas, il se vit et agit comme un déclic :

Peut-être est-ce le fait de me sentir mieux dans mon corps ou simplement le fait de retrouver l’harmonie de l’esprit mais un jour tout a changé. Tout a changé dans le sens où je ne vis plus cette grossesse comme une contrainte, une charge. Je prends conscience que toute cette résistance contre mon état me fait souffrir inutilement. Je lâche prise. J’accepte mon état, mes limites, mes sensations et tout devient plus léger. J’ai la sensation d’avoir un poids qui s’enlève. Depuis, je me réveille et je me couche le cœur léger. Les journées sont douces et paisibles. Je reprends même un peu de sport et je pratique la sophrologie quasiment tous les jours. Je prends conscience que l’énergie que je mettais dans mes plaintes m’épuisait. Je n’irai pas jusqu’à dire que je ressemble à ces caricatures de femmes enceintes épanouies (et heureusement !) mais je suis apaisée.

Lorsque j’ai cessé de vouloir contrôler mes pensées, j’ai vécu l’écoute du corps totalement différemment. Elle me servait de point d’ancrage vers le présent. J’acceptais les pensées, les émotions et les sensations que je vivais dans l’instant sans jugement. Je ne m’identifiais plus à elles. C’est comme cela que je me suis autorisée à vivre ma grossesse différemment.

Le lien avec mon bébé

En octobre 2015, dans le cadre de ma formation professionnelle, j’ai fait la rencontre d’une sage femme sophrologue, Catherine Basserau, qui a contribué à changer ma vision sur la grossesse.

amour femme enceinteSes séances de sophrologie et ses conseils m’ont aidé à prendre confiance en moi et surtout à réaliser l’expérience unique que j’avais la chance de vivre. Elle m’a permis de prendre conscience des moments privilégiés que je vivais avec mon bébé et de profiter de chaque instant. Très tôt pendant ma grossesse, j’ai eu le bonheur incroyable de communiquer et de créer un lien d’attachement très fort avec mon enfant. C’est ce lien qui a donné tout son sens à ma grossesse.

J’ai noté la date car je ne veux pas l’oublier. Le 29 octobre vers 20H j’ai senti un premier coup très net de ta part juste sous mon nombril. Là pas de doute, ce n’est pas mon estomac. Quel bonheur ! Je suis tellement heureuse de t’avoir dans mon ventre. Nous sommes déjà très proches et ça me comble de joie.

Depuis ce moment je te sens régulièrement me donner des petits coups. Je le répète mais je trouve merveilleux de sentir ta présence. Je réalise vraiment que j’ai une petite vie à l’intérieur de moi. Cela m’émeut beaucoup. Je me suis surprise à pleurer à chaudes larmes (moi qui montre très peu mes émotions) en voyant les images d’un accouchement. Je m’imaginais le jour où je te donnerai naissance, le jour où je te rencontrerai et je pourrai te serrer dans mes bras. En attendant tu es bien au chaud dans mon ventre et j’espère te donner tout ce dont tu as besoin pour bien grandir.

Mon bébé, j’ai déjà tellement d’amour pour toi que j’en suis bouleversée. J’ai hâte de te voir à l’échographie ne serait-ce que pour savoir si tu es en bonne santé. Si je me fis aux coups que je reçois, tu es plein de vitalité. Incroyable mais vrai, ton papa et moi nous avons créé la vie. Il n’y a rien de plus beau.

Mon corps

Les transformations corporelles

La grossesse est une période où le corps subit de nombreuses transformations. Personnellement, je n’ai pas eu de difficultés avec mon changement d’apparence. Il faut dire que ma prise de poids était contrôlée (merci le diabète) et que je focalisais toute mon attention sur ce qui se passait à l’intérieur de mon corps.

L’écoute du corps est l’un des principaux enseignements que j’ai reçu de la sophrologie. De manière générale, je suis très présente à mes sensations et à ma respiration. Cette présence me permet d’avoir une connaissance précise de mon état physique mais aussi émotionnel. La grossesse a été pour moi l’occasion de tirer profit de cette présence.

Mes émotions

Vous le savez sûrement déjà (mais moi je n’en avais pas la moindre idée) : une femme enceinte est TRES émotive. La faute aux hormones parait-il.

Hormones ou pas, c’est absolument déroutant de passer du rire aux larmes sans aucune raison particulière :

Toute cette période magnifique (ironie) est ponctuée de crises de larmes. Enceinte, je suis ultra sensible à tout mais vraiment tout. Je fuis les images ou les informations négatives. Il est hors de question de voir un film violent ou d’entendre parler d’enfants malades. La violence et l’injustice me révoltent profondément, je suis animée d’une volonté de changer le monde à moi toute seule. Mais le pire, c’est que je ne supporte pas d’être contrariée. Que rien ni personne n’ose contrariée la femme enceinte sous peine de subir une fureur extraordinaire (quand je dis que je suis possédée je ne mens pas, j’ai parfois de grandes ressemblances avec l’héroïne de l’exorciste).

Une des choses qui pouvaient vraiment me mettre en colère (et c’est une très mauvaise idée de mettre une femme enceinte en colère) c’est lorsqu’une personne, aussi bienveillante soit-elle, pouvait me dire « attention à tes émotions, tu les transmets à ton bébé ».

Voilà encore une grosse connerie destinée à entretenir le cliché de la femme enceinte épanouie ! Pour ma part, il était hors de question de refouler mes émotions ou même de les cacher. Il fallait que ça sorte. J’ai choisi d’exprimer mes émotions de différentes manières :

La communication avec mon mari

couple grossesseJ’ai eu la chance de vivre ma grossesse avec un mari très présent et très investi. Il a été mon confident et un soutien essentiel à mon bien-être. Il écoutait mes plaintes, essuyait mes larmes et supportait mes sautes d’humeur inexpliquées avec bienveillance. J’ai trouvé en lui un interlocuteur privilégié qui ne me jugeait pas et qui faisait preuve d’une grande empathie. Il me semble essentiel d’avoir le soutien d’un proche pendant la grossesse que ce soit le conjoint, une amie ou un membre de la famille.

Le suivi avec une sage femme

Je souhaitais un accompagnement médical et humain car, selon moi, l’un ne doit pas exclure l’autre. Je n’ai pas été déçue lorsque nous avons trouvé (après plusieurs tentatives infructueuses) la sage femme qui nous a accompagné jusqu’à la naissance. Sans chercher à dénigrer les obstétriciens et simplement au vu de mon expérience, une sage femme prend davantage le temps d’écouter et d’accompagner les futurs parents dans cette étape importante de la vie. Avec mon mari, nous avons choisi de faire la préparation à l’accouchement en individuel. A cette occasion, nous avons pu tous les deux exprimer nos ressentis et émotions sans pudeur et en toute confidentialité. J’insiste sur « tous les deux » car enceinte j’étais complètement « ventricentrée » (« je fabrique un bébé MOI ! »). J’avais perdu de vue que je n’étais pas la seule bouleversée par tous ces changements.

Mon journal de grossesse

Ce journal adressé à mon bébé me permettait de coucher sur le papier ce que j’avais sur le coeur. Ainsi, je pouvais prendre du recul et même rire de ce que je vivais. Le plus important pour moi était de pouvoir garder une trace de mon vécu et des premiers moments de la vie de mon fils. Ce journal fait partie de son histoire et je pense que c’est un beau cadeau à lui faire.

La communication avec mon bébé

Au lieu de taire mes émotions ou de m’efforcer d’être tout le temps zen et épanouie (mission impossible !), je parlais ouvertement de ce que je ressentais à mon bébé. Tout au long de la grossesse, je lui expliquais intérieurement ou à haute voix, ce qui se passait pour moi. Je n’oubliais pas non plus de partager avec lui mes joies et lui transmettre beaucoup d’amour.

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En veillant davantage à nos habitudes physiques, mentales, émotionnelles, en prenant soin de nous, en étant plus à l’écoute de nos besoins profonds, en portant notre attention sur tout ce qui est vivant en nous, nous faisons un magnifique cadeau à notre bébé, mais aussi à nous-même. C’est en cela que la maternité peut être un chemin extraordinaire de croissance intérieure. Sophie Metthey « Vivre et transmettre le meilleur pendant sa grossesse, de l’importance de la vie-intra-utérine dans l’épanouissement de l’enfant »

 

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